Le questionnaire “Déshabillez-moi” d’Arielle Dombasle (Je Suis Musique)

Parce que le petit monde de la Musique et celui de la Mode font souvent bon ménage, JSM propose à une chanteuse d’ouvrir son vestiaire imaginaire et de se déshabiller (un peu…), en paroles et musique ! Véritable créature aux allures de sirène scintillante et envoûtante, comme venue d’une autre galaxie, la délicieuse et fantasque Arielle Dombasle ne pouvait que croiser le chemin artistique de Pierre et Gilles. Alors qu’elle prépare un nouvel album avec Nicolas Ker, annoncé début 2020, elle a accepté pour JSM de se livrer à un strip tease musical avec « extase », humour et fantaisie, en témoignage de son amitié et de son admiration pour le talentueux duo d’artistes…  

1 – si vous deviez reprendre “Déshabillez moi”, ce serait plutôt à la manière suggestive de Juliette Gréco ou plus frontale de Mylène Farmer ?

 Frontal Crazy Horse

2 – quelle est votre tenue de ville préférée ?

Mes nuisettes la nuit

3 – comment étiez-vous habillée pour votre première télé ? 

En première communiante

4 – quel est le costume dans lequel vous vous sentez le plus à l’aise sur scène ?

Avec une croix autour du cou 

5 – choisissez-vous celui de vos musiciens / choristes / danseurs ?

Oui, d’une certaine manière : quand c’est gothique, on y va tous, et quand c’est Pop ou Rock, aussi.  

6 – quelle la pièce de votre vestiaire préférée ?

Mes dessous chics 

7 – celle que vous regrettez d’avoir achetée ?

Mes dessous chocs

8  – celle que vous mettez dans votre valise en premier et dont vous ne vous séparez jamais, en tournée ou en voyage ? 

Mes dessous chics et chocs

9 – votre couleur de vêtements préférée ? Celle que vous détestez ? 

Ma préférée transparent, et celle que je déteste transparent

10 – êtes-vous superstitieuse au point de ne jamais porter de vert sur scène ?

Non j’adore les émeraudes et la salade 

11 – le 31 décembre, êtes-vous plutôt “La petite robe noire” (Juliette) ou “Mon truc en plumes” (Zizi Jeanmaire) ?

Je suis l’ange de la visitation 

12 – pour un week-end en Normandie, plutôt “Pull Marine” (Isabelle Adjani) ou “Le pull-over blanc” (Graziela de Michele) ?

Le manteau couleur de nuit

13 – de toutes les matières, “C’est la ouate” (Caroline Loeb) que vous préfèrez ?

Le zefir

14 – sur scène, êtes-vous plutôt “La fille avec des baskets” (Michel Delpech) ou “Les talons hauts” (Robert Charlebois) ?

Je suis plutôt sur un piédestal 

15 – dans une boutique vintage, vous craqueriez davantage pour le fourreau lamé 70’s de Dalida ou la mini-jupe vinyle 80’s de Lio? 

Pour les collants d’Edie Sedgwick

16 – dans votre imaginaire, une chanteuse populaire, se doit-elle d’avoir plutôt les cheveux longs ou courts ?

Longs comme Melisandre 

17 – à choisir, opteriez-vous pour la coupe Mireille Mathieu ou celle Brigitte Fontaine ? 

Mireille Fontaine 

18 – votre marque ou votre styliste préféré ?

L’élégance 

19 – si vous ne deviez porter qu’un seul bijou, ce serait… ?

Le bijou indiscret 

20 – le parfum des parfums, c’est …?

Le mien, le secret d’Arielle 

21 – vous arrive-t-il de sortir sans “Maquillage” (Corine) ? En quelles circonstances ? 

Oui, sous l’eau 

22 – selon vous, porter un tatouage, c’est afficher sa “Rock’n’Roll Attitude” (Johnny Hallyday) ou sa “Philosophie” (Amel Bent) ?

The illustrated man or nothing 

23 – la faute de goût impardonnable ?

La méchanceté 

24 – l’artiste masculin le plus stylé ?

Nicolas Ker

25 – l’artiste féminine la plus stylée ?

Arielle 

26 – Si vous deviez choisir une reprise, ce serait plutôt “J’veux du cuir” (Alain Souchon) ou “Les dessous chics” (Jane Birkin) ? 

« J’veux des sushis » de Jane Souchon 

Question subsidiaire :

 – poseriez-vous nue pour une affiche de concert ou une pochette d’album comme Polnareff ?  

Je l’ai déjà fait pour Peta (n.d.l.r : et aussi « Extase » avec Pierre et Gilles).   

La boucle est bouclée, merci beaucoup et à bientôt !
Réalisé par Eric Chemouny

Photos : Pierre & Gilles (DR) / Charlélie Marangé (DR)

Arielle Dombasle, le Christ et le Crazy Horse (La Croix)

Le visage de l’une des plus fantasques personnalités du show-business français s’affiche depuis quelques semaines à la une du magazine « Jésus ! », le trimestriel qui veut montrer l’importance du Christ dans la culture populaire. L’actrice iconoclaste, distante avec l’Église, dit que la foi ne l’a jamais quittée, depuis son enfance au Mexique.

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« Tout ce qu’il y a de plus beau dans les civilisations, ce sont les requiem, les prières, les sanctuaires, les chants sacrés, les psaumes, l’architecture des églises, des couvents, des cathédrales, tout ce qu’on a fait au nom de Dieu. » Dans le luxe feutré d’un palace parisien où le rendez-vous a été donné, on se pincerait presque pour se persuader que ces propos émanent bel et bien d’Arielle Dombasle, et non de quelque défenseur du patrimoine ou militant politique soucieux du devenir des racines chrétiennes de la France.

Déjà, la surprise fut de taille, en découvrant, début novembre, le visage l’artiste en couverture d’un magazine consacré à Jésus, dans lequel elle jouait, de surcroît, le rôle de rédactrice en chef. Voilà bien un sujet sur lequel on n’attendait pas l’iconoclaste Arielle Dombasle, malgré sa carrière menée tous azimuts d’actrice, réalisatrice, chanteuse, mannequin, meneuse de revue ou encore sociétaire des « Grosses Têtes » sur RTL.

Pourtant, elle dit avoir accepté immédiatement le projet des éditions Première Partie. « Nous vivons dans une époque cynique, désenchantée. C’est rafraîchissant que des gens puissent se pencher encore sur la figue de ce “Christo Rey”. » Elle prononce ces mots en espagnol, la langue dans laquelle Arielle Dombasle a découvert le Christ et la foi, au Mexique, où elle a grandi. « J’y ai prié, chanté, fait de nombreux pèlerinages, j’avais la foi du charbonnier », se souvient-elle. Cette foi ne l’a jamais quittée. « J’ai toujours prié pour remercier, pas seulement dans le chagrin, où on est toujours tenté de prier plus au cœur des désespoirs. Au sommet de la joie, il faut prier aussi. »

En revanche, il ne reste pas grand-chose de la « foi du charbonnier » chez cette femme de culture, qui égrène, en sirotant un lapsang-souchong, des références pointues en matière religieuse. « J’ai lu Saint Augustin, bien sûr », glisse-t-elle avec détachement, une cigarette fine à la main. Elle se souvient aussi d’avoir été « édifiée par la lecture d’un traité de Fra’Luca Paccioli(un franciscain italien du XVe siècle, considéré comme le fondateur de la comptabilité, NDLR), et ce christianisme de la Renaissance, cette recherche de l’harmonie en toute chose, le nombre d’or… » Parmi ses inspirations, elle cite aussi la religieuse mexicaine Juana Inès de la Cruz, ou encore les grandes mystiques. Surprenante, décidément surprenante. À ce stade de la conversation, on se risque même à lui demander si elle a déjà pensé à la vie consacrée. « Non, j’étais une enfant très turbulente, et j’ai toujours su que je succomberais à tous les plaisirs, et que l’abstinence n’était pas faite pour moi. En revanche, j’ai toujours admiré les gens qui avaient cette maîtrise d’eux-mêmes, le sens du sacrifice ultime. »

Son propos facilite la question : comment juge-t-elle la morale que promeut l’Église, notamment sur le plan sexuel  ? « Mais je me soumets tout à fait à l’impératif moral de l’Église », répond Arielle Dombasle… « Et pourtant, on me retrouve danseuse au Crazy Horse ! », poursuit-elle d’elle-même avant qu’on ait eu le temps de lui faire la remarque. « C’est en tant qu’actrice que j’utilise ce que je suis. Mon corps est un véhicule. Sur scène, ce n’est pas moi. C’est comme quand je joue le rôle d’une criminelle, ou d’une suicidée. » Toujours déroutante, elle déclare admirer les Femen mais révèle avoir refusé d’être le porte-parole de ce mouvement féministe radical. « Pour une raison toute simple : alors que leurs revendications sont si justes, elles ont abîmé la cloche de Notre-Dame. » 

Marraine de plusieurs festivals LGBT, la muse d’Éric Rohmer dénie à l’Église le droit de s’exprimer sur les sujets bioéthique – « ce n’est pas son rôle »– mais refuse tout autant qu’on la réduise à la crise des abus sexuels. « Je ne participerai pas à cet aboiement 2018 ».

En revanche, elle semble fâchée avec la messe. Où elle reconnaît s’ennuyer. « Il y a peut-être une partie du clergé qui célèbre une liturgie confortablement installée. Et le Christ n’est jamais dans le confort. » Qui lui donnerait tort ? « Maintenant, les moments où je suis le plus intensément avec Dieu, c’est dans les églises vides », résume Arielle Dombasle, avant d’égrener la liste de ses églises parisiennes préférées, situées dans les plus chics arrondissements : Saint Thomas d’Aquin (7e) « où j’ai chanté accompagnée par les grandes orgues », Saint Roch (1er), Saint Étienne du Mont (5e), Saint Sulpice (6e) – regrettant toutefois que cette dernière soit désormais « remplie que de touristes, à cause du Da Vinci Code ».

Alors qu’elle allume sa quatrième cigarette, on lui pose la question : qui est Jésus pour vous ? Elle répond en parlant lentement, réfléchissant à chaque mot. « C’est un être à part, un être de rupture, absolument transcendant, qui portait en lui des forces révolutionnaires, une idée du beau, du juste et du bien, qu’il a essayé de transmettre à ses contemporains. Il est allé au bout de sa foi et de ses forces pour éclairer le monde. Il est allé jusqu’au sacrifice de lui-même, il a accepté d’être sacrifié. C’est d’une grandeur sans égal. Proprement héroïque. Sur-humain, sur-naturel. C’est pour cela qu’il a traversé les siècles et emporté derrière lui une immense partie de l’humanité. Et pour moi, c’était un roi et un prophète. Jésus est l’incarnation de Dieu. »

Dans le silence qui suit, elle plante dans les vôtres des yeux bleus sur lesquels l’âge n’a aucune prise. Un sourire. « Et pour vous ? »

Biographie

Artiste polymorphe aux nombreuses facettes, Arielle Dombasle passe aisément de la comédie à la réalisation en passant par la mise en scène ou encore le chant, sa véritable passion.

Née en Amérique, élevée au Mexique, Arielle Dombasle puise dans son multi-culturalisme ce grand-écart permanent qui lui est propre.

Arielle Dombasle chante Amor Amor en 2004

Elle fait ses premiers pas aux côtés de Fabrice Luchini dans le film d’Eric Rohmer Perceval le Gallois avant de conquérir Hollywood dans les séries à succès Deux Flics à Miami et Lace : Nuits Secrètes.

Mais c’est en France qu’elle poursuit sa carrière aux côtés des réalisateurs les plus prestigieux tels qu’Alain Robbe-Grillet, Raoul Ruiz, Claude Lelouch et Jean-Pierre Mocky, entre autres.

C’est avec Un Indien dans la Ville puis Astérix et Obélix qu’Arielle Dombasle rencontre ses premiers succès populaires qui feront d’elle une personnalité française incontournable. Non seulement actrice, mais aussi réalisatrice, c’est à l’âge de 20 ans qu’Arielle Dombasle réalise son premier long métrage Chassé-Croisé. S’en suivront Les Pyramides Bleues (avec Omar Sharif), Opium, un hommage à Jean Cocteau et Alien Crystal Palace sorti en salles en 2019.

Arielle Dombasle au Crazy Horse en 2007

C’est aussi dans le chant qu’Arielle Dombasle exprime son talent : ses premiers albums Liberta et Extase seront tous deux disque d’or puis Amor Amor avec lequel elle décroche un disque de platine puis de diamant. Par la suite, C’est si Bon, l’emmènera sur la scène de Crazy Horse, où elle sera meneuse de revue. Elle sera aussi le personnage principal de La Belle et la Toute Petite Bête et de Don Quichotte contre l’ange Bleu, opéras de Jérôme Savary.

Après avoir collaboré avec Philippe Katerine sur Glamour à Mort !, suivront Diva Latina, Arielle Dombasle by Era et French Kiss. En 2014, Arielle Dombasle rencontre Nicolas Ker au Cirque d’Hiver, ce dernier lui écrira l’album La Rivière Atlantique.

Arielle Dombasle est une des « personnalités » des Grosses Têtes depuis 2016. En 2017, elle participe à la grande aventure Danse avec les Stars et réalise son nouveau long métrage, Alien Crystal Palace. Parallèlement, elle forme, avec Mareva Galanter, Inna Modja et Helena Noguerra, le nouveau quatuor Les Parisiennes.

Début 2019, Arielle Dombasle sort Alien Crystal Palace que le magazine Technikart qualifie de “film le plus psychédélique de ce nouveau millénaire.”

C’est en 2020 qu’Arielle Dombasle et Nicolas Ker renouvellent leur collaboration musicale avec un nouvel album Empire (Barclay) plébiscité par la critique.