Arielle Dombasle : « Nicolas Ker est le dernier des vrais rockeurs » (Closer)

INTERVIEW – Dans « La Rivière Atlantique », la diva Arielle Dombasle et le rockeur Nicolas Ker ont associé leurs talents. Pour « Closer », ces nouveaux amis racontent cette collaboration inattendue, déroutante, mais enivrante.

 

Arielle, comment avez-vous rencontré Nicolas ?

Arielle Dombasle : Il y a trois ans, on m’a invitée à chanter au Cirque d’Hiver avec son groupe Poni Hoax et j’avais regardé le matin même un documentaire sur eux : Drunk in the House of Lords. J’y ai découvert Nicolas, un personnage tout à fait hors du commun. Punk, poétique et avec une voix extraordinaire.

Et vous, Nicolas, quelle image aviez-vous d’Arielle avant de travailler avec elle ?

Nicolas Ker : J’étais fan quand j’avais 16 ans, surtout de ce qu’elle ne montre jamais. J’adorais les films qu’elle réalisait, Les Pyramides bleues, en particulier. On s’est rencontrés il y a trois ans et je ne me souvenais plus de ce film. En parlant avec Arielle, je me suis rendu compte qu’à 16 ans, je le regardais religieusement avec mes amis.

Quand on présente votre duo, la diva et le rockeur, l’expression « la Belle et la Bête » revient souvent.

N. : La vraie question, c’est qui est la belle, qui est la bête ?

Pourquoi avoir appelé le disque La Rivière Atlantique ?

N. : C’est Arielle qui a trouvé le titre !

A . : Parce que c’est une musique océanique. Nous voulions un album en anglais : Bowie, Morrissey, Cohen… Nicolas a baigné toute sa vie dans cet océan de rock et cela m’a séduite. Et son écriture est étonnante : il est le dernier des vrais rockeurs.

Arielle, vous assumez votre côté transgressif. Vous avez ainsi souvent évoqué le fait de ne pas avoir voulu d’enfants. Vous pensez que ça vous a fermé certaines portes ?

A . : Je ne crois pas. Au contraire. Je suis « une fille éternelle » et cela m’a permis une liberté incroyable. Dans mon parcours, je me suis toujours métamorphosée et j’ai joué des choses très diverses : je ne suis pas quelqu’un qu’on peut épingler facilement.

D’où vous vient cet héritage ?

A . : J’ai toujours eu un véritable plaisir face à la beauté, c’est vrai. Surtout celle qui se rencontre de manière inattendue. Et il y a de la beauté dans toute chose. Quand je suis dans une forêt, j’essaie de trouver l’arbre qui me semble le plus beau.

N. : Même en retournant les cailloux ! Il y a plein d’insectes qui grouillent dessous, c’est beau.

A . : (Rires.) Ça, j’aime moins. Peut-être que Nicolas aime les araignées à huit têtes et vingt-deux yeux, moi, ça me fait peur !

N. : Moi, la seule chose que je n’aime pas, c’est la brutalité.

Nicolas, en acceptant de travailler avec Arielle, vous saviez que vous vous exposiez dans des médias plus populaires…

N. : Oh bah, certainement. Ce n’est pas ce que je recherchais, mais je ne suis pas totalement crétin. Je sais que, sans Arielle, je n’aurais jamais été reçu par Michel Drucker ou Laurent Ruquier.

Ce passage chez Laurent Ruquier, justement, a beaucoup fait parler, notamment à cause de votre état d’ébriété…

N. : En fait, je suis devenu l’objet d’un débat. Les gens se sont demandé si on avait le droit de voir un mec aussi bourré à la télé. On m’a écrit pour me dire que c’était une honte. D’autres m’ont dit que ça leur avait donné l’envie d’écouter mon disque et qu’ils l’avaient trouvé très beau. Laurent Baffie m’a dit par la suite que Laurent Ruquier ne m’en avait pas voulu parce que, malgré tout, j’étais resté poli. Et surtout, c’est l’émission qui a généré le plus de replays…

Sans Arielle, vous auriez accepté de parler à un média comme Closer ?

N. : Bien sûr ! Mais par contre, Closer ne serait jamais venu me voir… Si vous m’aviez approché pour mon groupe Poni Hoax, j’aurais dit oui tout de suite.

Arielle, depuis un an, vous faites partie de l’équipe des Grosses Têtes sur RTL. Qu’est-ce qui vous a poussé à accepter ?

A . : Je le fais comme une psychanalyse. C’est comme aller dans une classe très dissipée dans laquelle on a des camarades d’école qui vous snippent ! Mais on se prend dans la fulgurance de ce jeu, du rire… Et le rire, c’est toujours un peu diabolique. Quelle thérapie !

Votre mari, Bernard-Henri Lévy, s’est engagé récemment auprès d’Emmanuel Macron. Vous aviez été reçus par Brigitte et lui à Bercy. Racontez-nous…

A . : C’était il y a deux ans. Il organisait des dîners culturels autour d’artistes qu’il aimait bien et je m’y suis rendue. Il y avait aussi Karl Lagerfeld et Fabrice Luchini.

On a beaucoup parlé de Brigitte Macron durant la campagne. Vous comprenez tout cet engouement ?

A . : J’aime les femmes qui assument leur féminité jusqu’au bout, qui ont des forces vives. Et ce que j’aime le plus chez elle, c’est son côté institutrice.

Penelope Fillon a beaucoup occupé l’espace médiatique aussi, presque malgré elle. Vous avez ressenti de l’empathie ?

A . : D’une manière générale, j’ai horreur de la meute derrière les individus. Que la meute ait raison ou tort, d’ailleurs.

Pourquoi ne pas vous engager plus franchement en politique ? D’autant plus quand on a un époux qui le fait énormément ?

A . : Lui, c’est un éternel intellectuel engagé ! C’est un peu son devoir ! Moi, en plus, je suis américaine. Je n’ai pas le droit de voter en France, sinon je perds ma nationalité américaine.

N. : De toute façon, il ne faut pas donner de consigne de vote quand on est artiste.

A . : Ce que je peux vous dire, c’est que je n’ai pas voté pour Donald Trump.

La suite de cet album, c’est la scène, mais aussi un long-métrage ?

A . : Voilà, exactement. La Rivière Atlantique sera le corpus fondateur du film Alien Cristal Palace, que je réalise. C’est un film dans le film, une mise en abyme, un peu comme le fait Lynch. Et Nicolas y sera bien plus qu’un acteur : il compose aussi la musique.

N. : Elle est une très bonne réalisatrice. Je suis à son service. Je ne râle pas, je ne me plains pas, je l’écoute. Même quand elle me force à tomber. Je lui fais une confiance absolue.