Retrouvez tous les univers d'Arielle Dombasle

Christian Lacroix

« Si je cherche à remonter aux sources de ma mémoire comme pour faire surgir par incantation la première apparition d’Arielle dans ma « vraie vie », c’est l’image d’une Cendrillon à l’envers qui s’impose, même si ma mémoire compose une Cendrillon qui aurait eu la permission de minuit puisque les heures du matin étaient entamées dans cette pinède des Alpilles vers juin 1990, lorsqu’elle rejoignit le bal des noces d’Inès et de Luigi d’U., haletante et « couture » dans des vapeurs d’Organza bigarré qu’elle avait choisies chez nous pour le récital dans les surhumaines arènes de Nîmes dont elle venait de s’échapper, telle une moderne sainte Blandine graciée, à bord d’un taxi qu’elle avait pratiquement détourné dans ces atours et à qui elle avait donc fait traverser la nuit et le Languedoc. (…)
On pourrait dire « la Dombasle » tant elle me paraît dans la lignée de ces divas de tous les siècles qui en ville ne descendent jamais de scène et ont en scène le même naturel qu’à la ville. (…) Elle descend ainsi en droite ligne de tous les contes et légendes du monde. Bref, cosmopolite, avec cette aisance des voyageurs de l’autre siècle et le naturel de ce millénaire-ci (…) Je n’ai en fait qu’un seul reproche à lui faire, celui de rechigner à enfoncer jusqu’aux eux les chapeaux d’époque au théâtre ou au cinéma tels qu’ils l’étaient dans les années dix, vingt ou trente et qui lui vont si bien. « C’est pour la lumière » dit-elle. Et sans doute n’a-t-elle pas tort de se refuser à nous priver de la sienne qui peut être aussi subtile qu’aveuglante, mais en tout cas jamais froide tant elle est incandescente. »